Une hausse exceptionnelle des prix des légumes est observée sur les marchés de Kinshasa, capitale de la République démocratique du Congo, en cette période de saison sèche, une période où les prix connaissent généralement une augmentation modérée. Cette année, toutefois, la flambée est jugée sans précédent par les vendeurs et les consommateurs.
« La saison sèche est toujours synonyme de cherté des légumes, mais cette fois-ci, c’est du jamais vu », a déclaré Aimerance Zola vendeuse au marché du Rond-point Ngaba.
Elle a expliqué que la rareté des produits a provoqué une envolée brutale des prix sur tous les étals.
Selon les observations de nos reporters, une botte moyenne d’amarante, qui se vendait à 20.000 FC la semaine passée, s’achète aujourd’hui à 25.000 FC, soit près de 9 USD. Les feuilles de patates douces, appelées localement matembele, sont passées de 23.000 FC à 30.000 FC. D’autres produits comme les feuilles de gombo, pondu kongo ou encore bitekuteku ont également connu des hausses allant de 30 à 50 % selon leur provenance.
Une situation liée à plusieurs facteurs
Cette situation est liée à plusieurs facteurs, dont la rareté saisonnière des légumes, aggravée par l’état de délabrement des routes de desserte agricole qui ralentit l’acheminement vers les centres urbains. « Il y a des légumes dans les provinces, mais ils n’arrivent pas ici à cause des routes coupées », a indiqué un grossiste rencontré vers N’djili brasserie.
Certains légumes, notamment ceux en provenance du Bandundu, du Kongo Central ou du Kasaï, subissent en plus les coûts élevés du transport, ce qui impacte directement leur prix sur le marché de détail.
Malgré l’abondance relative dans certaines zones rurales, les marchés urbains sont sous pression, et les consommateurs peinent à suivre.
« Même quand on a 10.000 FC, on ne peut plus faire un vrai panier de légumes comme avant », se plaint une mère de famille à Matete.
Face à cette flambée, les commerçants appellent à une réhabilitation urgente des infrastructures de transport agricole et à la mise en place de circuits de distribution plus efficaces pour éviter les ruptures de stock et les spéculations.


