RDC : La filière rizicole ses défis persistants et perspectives prometteuses

Le riz occupe une place stratégique dans les assiettes congolaises. Pourtant, la filière rizicole nationale reste loin de couvrir les besoins du marché intérieur, laissant la RDC dépendante à plus de 80 % des importations.

De la plaine de la Ruzizi au Sud-Kivu aux vallées humides de la Tshopo, les conditions agroclimatiques du pays offrent un terrain propice à la riziculture. La production nationale avoisinait 990 000 tonnes en 2018, selon des données officielles. Mais cette performance ne suffit pas dans certaines zones comme Bukavu, la quasi-totalité du riz consommé vient de l’étranger.

Sur le terrain, les producteurs lors de la descente de notre rédaction, ont pointeé du doigt le manque d’irrigation. Seuls 2 % des périmètres sont irrigués et l’absence de routes praticables pour acheminer les récoltes.

« On a la terre et le savoir-faire, mais il faut que le riz puisse arriver en ville à un prix compétitif », a expliqué Jean-Pierre, riziculteur à Limete Ndanu.

« Pendant la saison des pluies, nos sacs restent coincés faute de camions pour les faire sortir et les vendre », ajoute-t-il.

Des circuits verrouillés

Autre frein majeur c’est la structuration du marché.Souvent une poignée d’acteurs capte la majeure partie de la production, laissant peu d’espace aux circuits indépendants.

A Kinshasa, disent les riziculteurs, la plus grande partie du riz est achetée par la brasserie locale pour la production de bière, limitant les volumes disponibles pour la consommation domestique.

À cela s’ajoute un déficit de normes nationales de qualité, qui fragilise la compétitivité du riz congolais face aux produits importés souvent mieux calibrés.

« On nous reproche que notre riz ne soit pas assez propre ou uniforme. Mais sans machines modernes de décorticage et de tri, on ne peut pas rivaliser avec le riz importé », a confié Espérance, productrice à Ndanu.

Des infrastructures à renforcer

Face à ces contraintes, des initiatives locales et nationales émergent. L’Agenda de la Transformation Agricole (ATA-RDC), lancé en 2022, place le riz parmi les filières prioritaires, avec un appui technique de l’Institut International d’Agriculture Tropicale (IITA).

L’amélioration des voies de desserte agricole reste un point névralgique car l’ampleur des besoins dépasse largement les réalisations actuelles.

« Même si la récolte est bonne, si on ne peut pas l’acheminer à temps, on perd tout », a soupiré la présidente d’une coopérative rizicole, sous couvert d’anonymat, rencontrée à Ndanu.

Pour réduire la dépendance aux importations et renforcer la sécurité alimentaire, plusieurs pistes font consensus notamment : Développer l’irrigation sur de larges périmètres; Mettre en place des normes nationales de qualité; Diversifier les circuits de commercialisation pour réduire la concentration du marché; Mieux collecter et diffuser les données agricoles afin d’orienter les investissements.

« Si on investit sérieusement, dans cinq ans, la RDC pourrait non seulement nourrir sa population en riz, mais aussi en exporter », a affirmé la présidente de la Coopérative rizicole.

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