Face à l’augmentation du riz importé de qualité douteuse sur le marché congolais, de nombreux acteurs appellent la population, les agriculteurs et les autorités à renforcer la production et la consommation du riz local. Des vidéos circulant sur les réseaux sociaux montrent même des cas présumés de riz fabriqué à partir de plastique, ce qui inquiète fortement les consommateurs.
« Nous voyons chaque jour des sacs de riz qui entrent dans le pays sans traçabilité. Certains produits sont clairement dangereux pour la santé », a alerté Patrice Musoko, président d’une Association des consommateurs.
Depuis plusieurs années, la RDC dépend massivement du riz venu de l’étranger. Pourtant, plusieurs inspections informelles menées par des associations de consommateurs révèlent des anomalies récurrentes.
« On trouve du riz qui dégage une odeur chimique, d’autres grains qui fondent comme du plastique dans l’eau chaude. Ce n’est pas normal pour un pays comme le nôtre », a-t-il souligné.
Ces situations exposent les ménages à des risques d’intoxication alimentaire et à des maladies digestives.
Pourtant, la RDC possède un potentiel agricole important dans les provinces rizicoles telles que la Tshopo, le Tanganyika, le Kwilu, l’Ituri ou l’Équateur et à Kinshasa.
Sur place à Kinshasa, les producteurs ont affirmé pouvoir fournir suffisamment de riz si les autorités les soutiennent.
« Nous produisons un riz 100 % naturel, sans produits chimiques ni additifs. Mais nous manquons de machines, d’intrants et de routes pour écouler nos récoltes », a expliqué Jean-Marc Lembi, agriculteur.
Pour lui, consommer local est aussi une question de survie pour des milliers de familles rurales : « Quand les Congolais achètent le riz importé, ils pensent faire une économie. En réalité, ils étranglent les producteurs locaux».
Dans plusieurs milieux agricoles, on estime que le gouvernement doit renforcer les inspections alimentaires. « Les frontières doivent devenir des points de contrôle stricts, et non des couloirs de passage pour des produits de mauvaise qualité », a affirme une responsable d’une ONG de surveillance des denrées alimentaires.
Certains acteurs demandent également un soutien plus structuré de la filière rizicole nationale.
« Le Congo peut nourrir le Congo. Il suffit d’une volonté politique claire pour moderniser la production locale », ajoute-t-elle.
Du côté de la population, l’appel à la vigilance est de plus en plus fort.
« Nous devons protéger nos familles. Le riz local est plus sûr et plus nutritif. Si nous n’en parlons pas, qui le fera ? », a déclaré un jeune activiste de Matete engagé dans les campagnes de sensibilisation sur la consommation locale.
Consommer le riz congolais, ont affirmé les experts, permettrait non seulement de réduire les risques sanitaires liés aux importations douteuses, mais aussi de consolider l’économie rurale.
« La souveraineté alimentaire commence par un choix, celui de privilégier ce que nous produisons nous-mêmes », a insisté Eric Bira, ingénieur agronome.
Alors que les inquiétudes autour des riz importés continuent de croître, de nombreux citoyens se tournent déjà vers les cultures locales, convaincus qu’elles représentent une alternative plus saine et plus fiable. Le débat désormais posé met en lumière un enjeu essentiel, car la RDC peut produire un riz de qualité, mais cela nécessite un effort collectif et un engagement ferme des autorités pour soutenir les producteurs et protéger les consommateurs.


