Les marchés de Kinshasa enregistrent une baisse significative du prix des légumes, estimée à près de 40 %, selon un constat effectué par l’Agence Congolaise de Presse (ACP) lors d’une mini-ronde. Cette diminution intervient à la faveur d’une abondance des produits maraîchers sur le marché, d’un effet saisonnier favorable et de la récente dépréciation du dollar américain face au franc congolais.
« Depuis deux semaines, le prix de la botte moyenne de feuilles d’amarante, communément appelées Bitekuteku, est passé de 25.000 FC à 15.000 FC. Cette baisse s’explique par la grande disponibilité des légumes et la saison actuelle propice à leur production », a expliqué Mme Yolande Katumbayi, , vendeuse au marché de Matadi-Kibala.
Selon elle, cette tendance à la baisse ne se limite pas aux amaranthes. Plusieurs autres variétés de légumes connaissent également une réduction notable de leurs prix. Ainsi, une botte de feuilles de manioc (Pondu Kongo) provenant de Kimwenza se vend désormais 6.000 FC, contre 12. 000 FC il y a quelques semaines. Les feuilles de patates douces (Matembele), en provenance de Kimwenza-gare, sont passées de 40.000 FC à 20.000 FC, tandis qu’une botte de basilic (Lumba-Lumba) venue de Kinkole coûte aujourd’hui 2.000 FC, contre 5.000 FC auparavant.
Les feuilles de courge (Mudibudibu), elles aussi issues de Kimwenza, suivent la même courbe avec un prix désormais fixé à 2.000 FC, en baisse par rapport aux 5.000 FC antérieurs.
Les légumes fruits ne sont pas en reste
Dans la même lignée, les feuilles d’oseille (Ngayi-ngayi), très prisées des ménages kinois, se négocient aujourd’hui à 12.000 FC, contre 18.000 FC précédemment. Les feuilles de Fumbwa (Gnetum africanum), autrefois à 15.000 FC, sont passées à 10.000 FC. Quant aux légumes appelés Mikungu, leur prix a chuté de 8.000 FC à 5.000 FC, et le Pondu caoutchouc, variété très consommée à Kinshasa, se vend désormais 30.000 FC au lieu de 45.000 FC.
Les légumes-fruits ne sont pas en reste. Un lot de 10 choux se négocie actuellement à 8.000 FC contre 10.000 FC auparavant, tandis qu’une botte de feuilles d’aubergines (Bilolo) est désormais vendue à 3.000 FC, au lieu de 5.000 FC.
Pour de nombreux consommateurs, cette baisse est une bouffée d’oxygène bienvenue dans un contexte économique difficile. Elle redonne également un souffle aux ménages dont les dépenses alimentaires pèsent lourdement sur le budget quotidien.
« Nous espérons que cette tendance va se maintenir encore quelques semaines, le temps de faire des réserves et de bien nourrir nos familles », a ajouté une ménagère rencontrée au marché Bitabe.
Les autorités locales et les observateurs du secteur agricole ont salué cette embellie temporaire, tout en soulignant la nécessité d’investir durablement dans la production maraîchère pour garantir une stabilité des prix tout au long de l’année.


