Alors que la saison des pluies ramène habituellement une abondance de feuilles de manioc sur les marchés, le prix du pondu peine pourtant à baisser dans plusieurs communes de la capitale. Une situation qui étonne et inquiète les ménages déjà fortement éprouvés par la cherté de la vie.
Dans plusieurs marchés visités ce jeudi par notre rédaction notamment Matete, Ndjili, et Lemba les vendeuses proposent la botte de pondu à 3 000 FC ou 5 000 FC, selon la taille et l’emplacement.
Pour beaucoup de Kinois, ces tarifs restent élevés, surtout lorsqu’on se rappelle qu’il était encore possible d’acheter une botte de pondu à 1 000 FC dans les marchés de quartier il y a quelques mois.
« A la saison on comprenait parce qu’il ne pleuvait pas mais aujourd’hui c’est toujours à la hausse 3 000 ou 5 000 FC», a déploré une cliente rencontrée au marché de Lemba.
*Une hausse incompréhensible en pleine période d’abondance*
Traditionnellement, la saison des pluies entraîne une forte production des feuilles de manioc, ce qui fait baisser les prix.
Mais cette année, le constat est tout autre, la plupart des vendeuses expliquent l’augmentation par les difficultés de transport et l’instabilité des prix dans les zones rurales.
« Cette hausse est due au manque de routes qui complique le transport de plusieurs marchandises. Parce que si nous achetons nos marchandises à un prix élevé nous allons également les revendre à un prix élevé de sorte que nous puissions gagner quelqu chose», a témoigné une commerçante venue du marché de Matete.
Dans un contexte où plusieurs produits de base ont déjà connu une hausse ces derniers mois, l’augmentation du prix du pondu un aliment essentiel dans la cuisine congolaise pèse lourd sur les budgets familiaux.
« Préparer le pondu nous facilite et allége notre budget parce qu’on peut en manger pendant deux jours. Mais cette hausse ne nous facilite pas la tâche et parfois nous sommes obligés de recourir aux vivres frais qui coûtent parfois moins chers question de nourrir plusieurs bouches», a lancé une mère de famille rencontrée à Zigida.
Plusieurs vendeuses restent toutefois optimistes estimant que si les routes s’améliorent et si l’offre continue d’augmenter dans les villages producteurs, les prix pourraient redescendre avant les fêtes de fin d’année.
En attendant, les ménages kinois espèrent un retour rapide à des tarifs plus accessibles pour ce produit emblématique de leur alimentation quotidienne.


