Le ministère de l’Économie a annoncé hier lundi 29 septembre, une baisse du prix du pain dans la capitale, saluant ce qu’il a qualifié de victoire économique. Selon cette communication officielle, le pain « Kanga Journée » devait passer de 500 FC à 400 FC et le pistolet de 400 FC à 300 FC dans certaines grandes boulangeries de Kinshasa.
Mais ce mardi, dans les rues de la capitale, l’annonce peine à se matérialiser. Dans la plupart des quartiers, le pain continue de s’acheter au même prix qu’avant, soit 500 FC, voire plus.
« Jusqu’à présent, nous n’avons pas vu de baisse. Nous achetons toujours le pain à 500 FC », a confié une vendeuse rencontrée à Matete.
« Ce n’est pas une victoire, c’est une moquerie. Réduire le prix de 100 francs sans toucher au coût de la vie n’a pas de sens », a ajouté un consommateur.
Au-delà du prix affiché, la population doute aussi de l’effectivité de la mesure. « Le pain vendu à 500 FC pesait combien de grammes ? Et celui qu’on nous propose à 400 FC en pèse combien ? Si la baisse se fait en réduisant le poids, ce n’est pas une baisse, c’est une tromperie », a souligné un client habitué d’une boulangerie de Bandal.
Un autre problème complique encore la situation, c’est le manque de petites coupures.« On parle d’un pain à 300 FC ou 400 FC alors que les billets de 100 FC circulent à peine. Comment voulez-vous que cela s’applique ? », s’est interrogé un vendeur ambulant.
Pour plusieurs observateurs, l’annonce d’hier n’est donc qu’un effet de communication. Ils estiment que la vraie bataille reste la stabilisation du taux de change et la maîtrise générale des prix des biens et services.
En attendant, pour les Kinois, le pain demeure à 500 FC. Et la victoire économique célébrée par le ministère de l’Économie reste, pour l’instant, sans lendemain.


