À l’approche de la saison des pluies, les légumes se raréfient sur les étals des marchés de la capitale congolaise. Pondu, matembele, oseille, amarantes et autres verdures, pourtant à la base de l’alimentation des ménages, deviennent de plus en plus chers et difficiles à trouver.
Dans plusieurs marchés visités par notre rédaction, la même scène se répète. Quelques bottes de légumes exposées, entourées de clients hésitants face aux prix. « Avant je vendais une botte de pondu à 1000 FC, aujourd’hui je la vends à 3000 FC voire 5 000 FC. Les champs sont secs, les récoltes diminuent, et ce sont nous les petits vendeurs qui subissons les plaintes des clients », a expliqué Mama Jeanne, vendeuse au marché de Matete.
Les consommateurs, eux, se disent désemparés. « On dirait que manger les légumes est devenu un luxe. Quand tu arrives au marché, soit tu ne trouves pas, soit les prix sont trop élevés. Pourtant, chez nous, on ne peut pas préparer sans pondu ou sans feuilles de matémbele », s’est plaint Maman Sophie, rencontrée au marché de Zigida.
Ce déséquilibre est lié à la dépendance des maraîchers aux conditions climatiques. En cette fin de saison sèche, la production baisse drastiquement faute d’irrigation et d’un système d’approvisionnement régulier. « Nous produisons selon la pluie. Quand il n’y a pas de pluie, tout s’arrête. Si nous avions des moyens d’arroser nos champs, on n’allait pas vivre ces ruptures », a confié Joseph, cultivateur de la périphérie de Kinshasa.
Pour beaucoup d’observateurs, la solution réside dans l’investissement agricole. Une production mieux encadrée, soutenue par l’État, permettrait d’assurer l’approvisionnement de Kinshasa en toutes saisons.
« Si la RDC organisait la filière maraîchère, les Kinois n’allaient pas vivre ce casse-tête chaque année. Les légumes sont notre nourriture de base, on ne peut pas dépendre uniquement de la pluie », a estimé un économiste interrogé au marché Gambela.
En attendant, les vendeurs et les consommateurs continuent de jongler avec les prix, en espérant l’arrivée prochaine de la pluie qui viendra redonner de la fraîcheur aux champs et un peu de répit aux ménages.


