Le ministre d’État en charge de l’Agriculture et de la Sécurité alimentaire, Muhindo Nzangi Butondo, imprime une nouvelle orientation à la politique agricole nationale en mettant l’accent sur la filière semencière, considérée comme le socle de la souveraineté alimentaire de la RDC.
En déplacement dans le Grand Nord, le ministre s’est rendu le jeudi 4 septembre à Luotu, dans le territoire de Lubero, après avoir fait une escale à Mangina dans le territoire de Beni. À Luotu, il a rappelé l’importance stratégique du Centre d’adaptation et de production des semences améliorées (Capsa), aujourd’hui en difficulté mais vital pour la culture de la pomme de terre dans la région.
« Ce centre doit renaître. Sa réhabilitation est capitale pour des milliers d’agriculteurs du Nord », a-t-il déclaré.
Nzangi Butondo considère la maîtrise des semences comme la condition essentielle de l’indépendance alimentaire du pays.
Selon lui, il est impossible de parler de sécurité alimentaire sans un contrôle complet de la filière, depuis la recherche scientifique jusqu’à la distribution aux paysans. Dans ce sens, le président Félix Tshisekedi a approuvé la demande du ministre de rattacher directement l’Institut national pour l’étude et la recherche agronomique (Inera) au ministère de l’Agriculture.
La réforme annoncée repose sur une réorganisation des structures existantes. L’Inera poursuivra ses recherches, tout en bénéficiant de transferts de technologies étrangères. La Senasem conservera son rôle de contrôle, de certification et d’inspection sur le terrain. Les Capsa deviendront les véritables bras techniques de la stratégie, en se chargeant de l’adaptation, de la multiplication et de la conservation des semences améliorées.
« À l’avenir, tous les multiplicateurs dépendront des CAPSA afin d’assurer la traçabilité et la qualité des semences », a précisé le ministre.
Conscient des limites actuelles du dispositif local, Muhindo Nzangi a parallèlement engagé des discussions avec des pays partenaires disposant d’une expertise reconnue.
L’Égypte s’est déjà engagée à fournir des semences de prébase pour le blé et la pomme de terre. Le Brésil, l’Ukraine, l’Indonésie et l’Italie sont également prêts à accompagner la RDC, en apportant respectivement des variétés performantes de maïs, soja, riz ainsi que des technologies agricoles avancées.
Pour accompagner ce chantier, une station autonome provisoire de l’Inera sera installée à Luotu, en attendant la stabilisation sécuritaire dans certaines zones. Des stations secondaires seront aussi créées ou relancées à Kipese, Biambwe, Musienene et Kyatene, afin de renforcer la recherche agronomique dans tout le Grand Nord.
Cette mission de terrain s’inscrit dans le prolongement de la campagne agricole nationale lancée le 28 août dernier par le Chef de l’État à Menkao, près de Kinshasa.
Pour Muhindo Nzangi, l’objectif est de mettre à la disposition des paysans congolais des semences certifiées, disponibles et adaptées à chaque territoire, afin de donner une base solide à l’ambition de transformation durable de l’agriculture congolaise.


